L’artiste a pour mission de nous faire voyager dans son monde, de nous faire rêver, mais aussi pleurer, rire, nous ressentons des choses grâce à son art. Il est un pont entre la réalité et le monde de l’esprit, entre le quotidien et la spiritualité. Il surpasse les limites morales, scientifiques, il nous fait quitter ce monde pour aller vers les étoiles. Mais notre corps est lui physiquement rattaché à la Terre, à la tristesse de notre réalité. Nos pieds nous ancrent dans le sol, nous ne pouvons-nous défaire de cette emprise. Et pourtant, il y a toujours un moyen de contourner les lois naturelles. En peignant ces chaussures, l’artiste lutte contre ce qui nous attache physiquement à notre monde.

Pour briser une chaîne, il faut en briser les liens.

En attaquant la chaussure, on casse le contact avec la Terre. Même elle est esclave de l’art, les lois naturelles deviennent œuvres, et ainsi lorsque l’Homme, fatigué de lever les yeux vers le ciel, baissera la tête, son regard tombera de nouveaux dans ce monde merveilleux du rêve, libéré de tout effort et enclin à se laisser submerger.